En 2005, le gouvernement du Québec accorde à l'Université du Québec à Montréal de nouvelles lettres patentes autorisant l'intégration de la Télé-Université (TELUQ) comme composante de l'UQÀM.
En raison de divers facteurs, l'intégration effective, c’est-à -dire académique, pédagogique, administrative, règlementaire, organisationnelle, culturelle et identitaire, ne progresse pas comme souhaitée, ce qui rend la situation insatisfaisante tant pour l'UQAM que pour la TELUQ.
Au mois de mai 2008, le recteur de l’UQAM, Monsieur Claude Corbo, mandate Pierre Brossard, dans un premier temps, de dresser l’état de la situation concernant l’intégration, puis, dans un deuxième temps, de tenir des consultations afin d’identifier les conditions de réussite d’une intégration effective de la Télé-Université à l’UQAM.
Le 11 décembre 2008, après la consultation de plus de 28 mémoires, le rapport réalisé par M. Pierre Brossard est rendu public. Il présente 39 recommandations, notamment des éléments d’explication sur « ce qui n’a pas fonctionné, et suggère une série d’alternatives.
La position officielle de l’administration de la TELUQ dans le dossier de l’intégration repose sur l’idée selon laquelle l’UQAM doit respecter les termes du protocole de rattachement ainsi que les lettres patentes supplémentaires délivrées en 2005 : « Personne à la TÉLUQ ne veut du démantèlement de la TELUQ ».
Une consultation sur l’avenir de la TELUQ est enclenchée au mois de juin 2009. La direction générale tient une rencontre le 12 juin rassemblant les principaux représentants des diverses associations et syndicats de la TELUQ au cours de laquelle sont convenues les modalités de la réflexion collective. Les représentants des étudiants sont exclus de cette rencontre. De plus, le détachement est nettement envisagé par l’administration.Â
Les représentants des étudiants publient un texte dans le journal le Devoir le 8 juillet 2009 dans lequel ils déplorent vivement que l’administration de la TELUQ n’ait pris aucune mesure pour demander l’avis des étudiant-es, s’interroger sur leurs volontés et besoins alors qu’une telle décision administrative a un impact considérable notre le projet d’étude.
En août 2009, les représentants des étudiant-es, par voie d’un communiqué sur notre site Internet, déplorent que nous soyions sacrifiés au nom de querelles de structure et de pouvoir et réclament des transformations majeures pour améliorer la qualité de cours offerts à la TELUQ ainsi que l’implantantion d’un processus systémique d’évaluation par les étudiant-es du contenu des cours.
À l’été 2009, l’AETELUQ procède à une consultation électronique et postale auprès de ses membres. 344 étudiants répondent à l’appel : 13% se sont dits en accord ou tout à fait d'accord avec le projet de défusion de la TÉLUQ d'avec l'UQAM, 3% se sont dits neutres ou sans avis, et 84% se disent en désaccord ou tout à fait en désaccord avec le projet de défusion de la TÉLUQ d'avec l'UQAM. Les résultats de la consultation sont déposés et présentés au mois d’octobre 2009. (VOIR DOCUMENT CI-BAS)
À l’UQAM, un processus de consultation est enclenché auprès des facultés de l’UQAM et un comité est mandaté par le conseil d’administration de l’UQAM et le Conseil de Gestion de la TELUQ pour travailler sur la question de l’intégration et faire de nouvelles recommandations. Le rapport Gervais est déposé au mois de janvier 2010.
Les membres du Conseil de Gestion se réunissent le 9 mars 2010 et donnent un avis favorable aux recommandations du rapport Gervais.
Les membres de la commission des études de l’UQAM se prononcent aussi sur le rapport Gervais le 9 mars 2010. La résolution prise se prononce notamment sur la recommandation 7 du rapport Gervais en affirmant que les groupes de travail sont placés sous l'autorité du vice-recteur à la Vie académique, en conformité avec les dispositions réglementaires de l'UQAM alors que le rapport Gervais parlait d’une collaboration. Le directeur général de la TELUQ annonce immédiatement qu’il contestera cette interprétation du rapport Gervais.
Le 11 mars 2010, les exécutants des divers groupes et associations sont convoqués à une rencontre par le directeur général de la TELUQ pour faire le point sur la situation. Encore une fois, les représentants des étudiants-se exclus de cette rencontre. On leur spécifie clairement qu’ils n’ont pas été conviés et qu’on ne les laissera pas y participer.
Le 25 mars 2010, les membres du conseil d’administration de l’UQAM se positionnent sur le rapport Gervais, mais émettent plusieurs réserves et conditions.
Le 30 mars 2010, les membres du Conseil de Gestion de la TELUQ prennent acte de la réponse de l’UQAM aux recommandations du rapport Gervais et confient à leur président et au directeur-général de la Télé-Université le mandat d’obtenir pour la Télé-université une pleine autonomie académique, financière et administrative, notamment en tant qu’université constituante de l’Université du Québec.Â
Le 28 avril 2010, les représentants des étudiant-es font parvenir une communication à la Ministre de l’éducation, du loisir et du sport, Madame Michelle Courchesne, dans laquelle ils se disent inquiets du sort qui seront réservés à leurs diplômes. Nous prions la Ministre d’être vigilante dans ce dossier et de prendre toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que la qualité de la formation à distance dispensée à la TELUQ soit constamment au rendez-vous et reconnue.
En juin 2010, les représentants des étudiant-es, par un envoi postal, informent les étudiant-es de la décision prise par les membres du Conseil de gestion de la TELUQ, à savoir d’annuler sa résolution du 14 juin 2005 concernant la mise en œuvre du rattachement de la TELUQ à l’UQAM.
Le 5 avril 2011, les membres du Conseil de Gestion prennent la résolution de demander à la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport de donner à la Télé-Université son autonomie académique, financière et administrative au sein de l’Université du Québec, et ce, malgré l’opposition des étudiants.
Le 12 avril 2011, les membres du Conseil d’administration de l’UQAM déterminent les conditions de détachement de la Télé-Université de l’UQAM.
Le 3 mai 2011, les membres du Conseil de Gestion de la TELUQ acceptent les conditions proposées par l’UQAM en vue du détachement des deux institutions. Ces dernières prévoient notamment le départ de la TELUQ des locaux de l’UQAM d’ici au 30 avril 2012 ainsi que la quittance mutuelle de toutes réclamations liées au projet de rattachement. La TELUQ engagera ainsi d’exorbitantes sommes pour une relocalisation temporaire de ses locaux de Montréal, sommes puisées à même les poches des étudiant-es et des contribuables Québécois, et se dégage de toute éventualité de poursuite ou de recours collectifs d’étudiant-es brimés par le détachement de la TELUQ de l’UQAM. Â
Le 26 mai 2011, la TELUQ produit un communiqué qui donne les grandes lignes quant à au divorce.
Le 13 janvier 2012, le gouvernement québécois autorise le projet de défusion de la TELUQ de l’UQAM suite à la recommandation de l’Assemblée des gouverneurs de l’Université du Québec et de la ministre de l’Éducation. L’émission de lettres patentes et l’annulation des lettres patentes supplémentaires accordées à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) permettra à la TELUQ de retrouver son statut d’École Supérieure au sein du réseau de l’Université du Québec au cours de l'hiver 2012.Â
Nous vous invitons à prendre connaissance de l'analyse des facteurs d'échec du projet réalisée par Patrick Guillemet, spécialiste en sciences de l'éducation retraité de la TELUQ et auteur du livre « Former à distance – La Télé-université et l'accès à l'enseignement supérieur (1972-2006) ». Ce sont:
     1/ Une faible implication de la TÉLUQ
     2/ Une demande mal analysée et une divergence de stratégies de croissance
     3/ Des cultures en conflit
     4/ Les faiblesses du pilotage des projets conjoints
     5/ Les aléas conjoncturels
     6/ Les faiblesses du leadershipÂ
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