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Téluq: les étudiants inquiets pour leurs diplômes
10 juillet 2009
Source : Annie Morin, Le Soleil 9 juillet 2009
(Québec) Alors que la Téluq et l'UQAM parlent ouvertement de divorce, les étudiants de la Télé-université s'inquiètent de voir disparaître le nom du géant montréalais de leurs diplômes, qui souffrent d'un manque de reconnaissance. «C'est une plainte qu'on entend souvent. Les étudiants ont beaucoup de difficulté à faire reconnaître leur diplôme par d'autres universités et par les employeurs, qui ont l'impression que la qualité n'est pas là», explique Geneviève Breault, coordonnatrice de l'Association étudiante de la Téluq, qui comptait 10 000 membres à la session d'hiver. Le nom de l'institution y est pour quelque chose. «Certains pensent encore qu'on regarde la télé!» soupire Mme Breault. Le concept de formation à distance est aussi méconnu. «Les gens nous imaginent en train de faire des petits exercices à la maison», poursuit la jeune femme. Elle donne d'ailleurs un peu raison à ses détracteurs en soulignant le manque de choix et la désuétude de certains cours donnés par la Téluq. Elle-même a suivi récemment un cours élaboré en 1984! La fusion avec l'UQAM en 2005 était donc vue positivement par les étudiants de la Télé-université, dont 60 % habitent la grande région de Montréal. Ceux-ci espéraient avoir accès à plus de services, comme le soutien à l'apprentissage, le service d'orientation, le centre sportif ou la banque d'emplois pour les diplômés. Ils pensaient également voir le répertoire des cours se bonifier, les programmes et les professeurs se multiplier. Mais rien de tout ça ne s'est concrétisé, déplorent la coordonnatrice et la responsable des affaires académiques de l'Association étudiante de la Téluq (AÉTÉLUQ), Patricia Julien, dans une lettre transmise aux quotidiens cette semaine. Certains étudiants avaient pourtant fait le choix de la Téluq en raison de la promesse de lendemains plus réjouissants. Le nom de l'UQAM, qui devait apparaître sur les diplômes, y était aussi pour beaucoup. «C'est sûr qu'en défusionnant, il n'y a rien de tout ça qui va arriver», déplore Mme Breault, qui hésite pourtant à défendre la fusion, puisqu'elle n'a pas donné les fruits escomptés. Les membres de l'AETéluq sont donc consultés actuellement en vue d'une prise de position officielle. La direction de la Téluq, qui se trouve toujours dans le quartier Saint-Roch, à Québec, mènera à l'automne une vaste consultation sur son avenir, et les représentants des étudiants se sentent mis de côté. «C'est un petit peu rire de nous parce que personne ne s'en cache : la direction a décidé depuis longtemps qu'elle s'en allait de l'UQAM», dit Geneviève Breault. Réplique Dans une réplique aux deux étudiantes, le directeur général de la Téluq, Raymond Duchesne, affirme pourtant que le point de vue de l'association pèse dans la balance. «Non seulement le point de vue des étudiants est-il sollicité; il est très attendu à la Télé-université», écrit-il. M. Duchesne ne cache toutefois pas son scepticisme par rapport à la fusion : «Si la formation à distance n'est plus dans les plans de l'UQAM, à quoi riment le rattachement de la Télé-université et son intégration à la grande université montréalaise, sous une forme ou sous une autre?» demande-t-il. À propos des diplômes, Guy Chamberland, porte-parole de l'université à distance, précise que le nom de l'UQAM est simplement venu remplacer celui de l'Université du Québec, qui continue d'ailleurs d'apparaître sur les diplômes décernés par les autres composantes du réseau. Conscient de la chaleur de l'eau, le conseil d'administration de l'UQAM a recommandé la création d'un comité spécial sur l'intégration des deux universités et d'un comité universitaire mixte lors de son dernier conseil d'administration, tenu le 16 juin. Tous deux devront déposer leurs conclusions d'ici le 31 octobre. La consultation des employés et des étudiants de la Téluq se déroulera en parallèle. |
Aide personnelle
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